COMPRENDRE

Voyager, comprendre et se comprendre.

Arriver dans un endroit que l’on ne connait pas, quelque part à l’autre bout du monde c’est toujours déroutant. Le dépaysement total dans lequel on se trouve font que nos repères habituels ne servent plus à grand chose et sont mis à rude épreuve. Vouloir s’y accrocher ne sert à rien. C’est à partir de cette expérience singulière que nous cherchons naturellement à comprendre ce qui nous arrive. Très vite, il faut décoder les usages, observer ce qui se passe autour de soi, comprendre les codes sociaux,  prendre les bonnes décisions, bref comprendre la situation inhabituelle dans laquelle on se trouve. Pour ce faire, tous nos sens sont sollicités et mis en alerte. A travers les sensations ressenties, le corps sert de repère. La compréhension est en marche. Ses ressorts sont là ! C’est dans ces conditions que les Autres différents de soi  nous “touchent”  et deviennent paradoxalement  accessibles. Dans ces moments “chauds” d’un voyage, lorsque j’arrive pour la première fois dans un endroit que je ne connais pas, il peut être alors vertueux  de se mettre soi-même dans la perspective observée en prenant au sérieux cette question que l’on se pose très souvent lorsqu’on débarque loin de chez soi : qu’est-ce que je suis venu faire ici ? Quelque soient les réponses  que l’on puisse donner, il ya une thématique qui les transcende toutes, c’est celle de la “bonne” attitude à adopter en voyage:  une attitude responsable faite d’humilité, de respect et d’empathie. Lorsque je voyage, comprendre, me comprendre c’ est un peu comme une exigence éthique à partir de laquelle je vais pouvoir partager  avec les gens leur vision du monde dans le respect de leur condition, de leur culture et de leur environnement. Parce qu’il est une formidable occasion de comprendre l’environnement humain et géographique dans lequel on est “pris” , le voyage invite à remanier sa façon de penser, de voir et par là même à revisiter ses valeurs, ses aspirations. Quand bien même le voyage puisse être associé à une sorte de divertissement,  ou d’égaiement de notre quotidien, il reste l’occasion unique d’apprendre dans un même mouvement quelque chose de soi et des autres.